La Laïcité, mon engagement  
 

 

   

Avec l’Europe, faire avancer et défendre la laïcité

 

Un des arguments en effet que nous entendons dans la bouche de beaucoup de détracteurs du traité constitutionnel touche à la laïcité, certains affirmant ni plus ni moins que ce texte sonnerait son arrêt de mort ! Le traité constitutionnel menace-t-il la "laïcité" Française comme certains tenants du non semblent le dire ?

Un des arguments en effet que nous entendons dans la bouche de beaucoup de détracteurs du traité constitutionnel touche à la laïcité, certains affirmant ni plus ni moins que ce texte sonnerait son arrêt de mort ! D’abord, nous avons été dès le début très attentifs (et nos représentants ont été les plus efficaces) à ce que le traité constitutionnel européen ne donne pas suite aux revendications du Vatican et de plusieurs gouvernements qui souhaitaient qu’il fasse explicitement référence à « l’héritage chrétien » ou aux « racines chrétiennes » de l’Europe ! Cette référence a été clairement écartée. C’est le combat politique qui a payé en l’espèce et notamment celui des Socialistes qui ont eux vraiment pesé sur le débat "au bon endroit et au bon moment ".

Disons ensuite que si le mot "laïcité" n’est pas présent dans le texte, c’est qu’il n’existe que dans 3 constitutions en Europe (3 sur 25 ! la France, la Suède et le Portugal), et qu’il n’est pas traduisible dans plusieurs langues européennes dont l’Anglais ! Disons enfin que le dispositif du traité permet de préserver totalement le modèle laïque Français . C’est l’essentiel.

Pour étayer ton jugement peux tu rentrer dans le détail des dispositions du traité ?

Après avoir attentivement étudié le traité sur le plan juridique et l’avoir aussi remis dans son contexte politique je crois que les défenseurs sourcilleux de la laïcité peuvent et doivent apprécier à leur juste valeur les articles du projet de traité qui abordent les questions des religions, de la liberté de pensée et de conscience car il ne faudrait pas non plus être obnubilé par les religions, d’autres libertés auxquelles nous sommes attachées sont aussi en jeu et elles sont maintenant mieux protégées .

Prenons d’abord l’art I - 52 du projet de traité - « Statut des églises et des organisations non confessionnelles » . Cet article ne peut en aucun cas nous choquer car ce qu’il contient, soit renvoie explicitement au droit national, soit rappelle (et certains essayent de s’agiter la dessus) qu’il faut maintenir un dialogue ouvert et régulier en reconnaissant leur apport, belle découverte ! : n’est ce pas ce que font tous les ministres de l’intérieur qui sont aussi ministres des cultes et tout élu républicain soucieux d’une politique de tolérance, de lutte contre la xénophobie et de cohésion du tissu social sur son territoire ! Quant à l’article : art II - 70 (art II - 70) sur la « Liberté de pensée, de conscience et de religion », il est dans ce débat, caricaturé et on feint de s’inquiéter de certaines phrases comme si elles étaient une nouveauté tombée du ciel !

Soyons sérieux quand même, ce texte ne fait que reprendre, mot pour mot, l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui date de 1950 et qui, vieille donc de plus d’un demi-siècle, n’a jamais fait débat, ni juridique ni politique.

Cet article ne change donc rien à l’état du droit européen. Pourquoi cette cristallisation ? pourquoi faire croire que cela s’applique notamment à l’Education Nationale ? Alors que l’on sait que tout ce qui concerne la gestion des services publics nationaux et, en particulier, de l’Education Nationale et de la Poste, relève de la compétence des Etats.

Et pourquoi même à gauche prendre pour exemple les manifestations pour la seule religion musulmane ? Pourquoi faire croire que nous ne saurions être maîtres de notre législation ?

N’ a-t-on pas entendu que notre laïcité républicaine s’en trouvant ainsi détruite, la loi sur le serait voile interdite, et tout écolier doté du droit de s’agenouiller en pleine classe (sic) ?

Il faut raison garder ! La laïcité à la française est bien protégée et organisée par des lois et c’est d’ailleurs ce qui a justifié la loi sur l’interdiction des signes religieux car la jurisprudence européenne imposait une loi nationale !

Il ne faut pas que certains renversent ainsi les arguments au gré de leurs intérêts du moment. On le voit donc, d’un point de vue juridique précis et, donc, d’un point de vue politique, le traité n’est nullement un recul sur la laïcité, nullement une menace pour l’Etat républicain et laïque auquel nous sommes particulièrement attachés ... et cela depuis longtemps, depuis 1905 les socialistes en ont été les promoteurs, les défenseurs, et quand l’horizon Européen a élargi leurs combats, ils ont su à ce niveau aussi y intégrer cette dimension inséparable de l’idéal qui les anime.

   
   
         
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